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Les nouvelles mobilités électriques et leur impact sur l’assurance automobile dans la ville de demain

Les nouvelles mobilités électriques et leur impact sur l’assurance automobile dans la ville de demain

Les nouvelles mobilités électriques et leur impact sur l’assurance automobile dans la ville de demain

Voiture électrique, trottinette, autopartage : pourquoi l’assurance doit tout réinventer

Voiture électrique, vélos à assistance, trottinettes en libre-service, autopartage… La ville de demain est déjà là. Résultat : nos contrats d’assurance auto, pensés pour la Clio diesel garée en bas de chez soi, sont complètement bousculés.

Qui est responsable quand une trottinette percute un piéton ? Comment est assurée une voiture en autopartage que 15 personnes utilisent dans la même journée ? Et pourquoi un conducteur de Tesla peut payer moins cher qu’un conducteur de vieille citadine, alors que sa voiture vaut 3 ou 4 fois plus ?

Dans cet article, on regarde concrètement comment les nouvelles mobilités électriques changent les règles du jeu pour l’assurance automobile, et comment s’y retrouver pour ne pas être mal couvert… ou trop payer.

Les nouvelles mobilités électriques : de quoi parle-t-on exactement ?

Avant de parler assurance, il faut clarifier le terrain de jeu. Sous l’étiquette « mobilités électriques », on met souvent tout et n’importe quoi. En pratique, on peut distinguer plusieurs grandes familles, qui n’ont pas du tout les mêmes règles d’assurance.

1. Les voitures électriques « classiques »

C’est la version la plus simple à comprendre : une voiture, avec une carte grise, une plaque d’immatriculation, mais un moteur électrique au lieu du thermique. Exemple : Renault Zoe, Tesla Model 3, Peugeot e-208…

Juridiquement, pour l’assurance, c’est un véhicule à moteur comme un autre : assurance responsabilité civile obligatoire, carte verte, bonus-malus, etc. En revanche, le risque n’est pas géré de la même façon (on y revient plus bas).

2. Les trottinettes électriques, gyroroues et monoroues

Ici, on entre dans le monde des EDPM (Engins de Déplacement Personnel Motorisés). On y trouve :

Ces engins ont longtemps évolué dans un flou juridique. C’est moins vrai aujourd’hui : le Code de la route et les assureurs se sont adaptés, mais tout le monde n’a pas suivi.

3. Les vélos à assistance électrique (VAE) et speed bikes

Le VAE « classique » (assistance jusqu’à 25 km/h, puissance limitée à 250 W) est assimilé à un vélo. Conséquence : ce n’est pas un véhicule à moteur au sens de l’assurance auto. Mais dès qu’on passe sur un speed bike (assistance jusqu’à 45 km/h), le régime change et l’assurance aussi.

4. L’autopartage et la voiture en libre-service

Autre révolution silencieuse : vous ne possédez plus forcément la voiture que vous conduisez. Entre :

… on peut rouler régulièrement en voiture sans jamais signer un contrat d’assurance auto classique.

Pourquoi les assureurs sont obligés de changer de modèle

Les contrats d’assurance auto ont été construits pendant des décennies autour d’un scénario simple : une personne, une voiture, un usage principal (domicile-travail, trajets perso) et un historique de conduite (le fameux bonus-malus).

Avec les mobilités électriques, tout explose :

Pour les assureurs, cela pose quatre défis majeurs.

1. Identifier qui est responsable, et quand

Avec une voiture personnelle, c’est simple : le titulaire de la carte grise est responsable de l’assurance. Avec une trottinette en libre-service ou un véhicule d’autopartage, la responsabilité se partage entre :

D’où des contrats beaucoup plus complexes, avec des assurances intégrées dans les services (souvent invisibles pour l’utilisateur) et des garanties qui se chevauchent.

2. Tarifer un risque très différent

Une voiture électrique a moins de pièces mécaniques, donc moins de pannes moteur… mais la moindre réparation batterie ou carrosserie peut coûter une fortune. Une trottinette électrique provoque rarement un carambolage sur l’autoroute, mais les blessures aux piétons peuvent être graves.

Les actuaires (ceux qui calculent les tarifs) doivent donc repartir quasiment de zéro :

3. Gérer la data embarquée

Les véhicules électriques sont de véritables ordinateurs roulants. Ils collectent :

Les assureurs commencent à s’en servir pour proposer des contrats « pay how you drive » (payez selon votre conduite) ou « pay as you drive » (payez selon les kilomètres réellement parcourus).

Cela peut faire baisser la facture pour un bon conducteur urbain qui roule peu, mais cela pose aussi des questions de vie privée : qui a accès à ces données et pour quoi faire ?

4. Couvrir un « mix » de mobilités

La vraie révolution, ce n’est pas la trottinette ou la voiture électrique en soi. C’est le fait qu’on les combine. Une journée type dans la ville de demain, c’est par exemple :

Avec un contrat d’assurance classique centré sur la « voiture principale », on passe totalement à côté de cette réalité. D’où l’émergence de nouvelles offres globales.

Assurer une voiture électrique : ce qui change vraiment

Sur le papier, assurer une voiture électrique ressemble à un contrat auto classique. Dans la pratique, plusieurs points font grimper ou baisser la facture.

1. Le prix d’achat, pas toujours un handicap

Une Tesla ou une BMW i4 coûtent plus cher à assurer qu’une petite citadine ? Pas si simple. Les assureurs regardent surtout :

Or, les conducteurs de véhicules électriques sont souvent :

Résultat : malgré un prix du véhicule élevé, la prime peut être comparable, voire plus basse qu’un SUV thermique équivalent.

2. Batterie : propriété, location et casse-tête d’assurance

La batterie représente en moyenne 30 à 40 % du prix d’une voiture électrique. Deux cas se présentent :

Si la batterie est louée, elle est parfois couverte par un contrat spécifique avec le constructeur ou le loueur. Il faut alors vérifier que votre assurance auto :

À savoir : une batterie endommagée peut entraîner la mise en épave du véhicule, même si les dégâts visibles semblent limités. Pour l’assureur, c’est un risque financier majeur.

3. Les risques spécifiques à la voiture électrique

Les assureurs intègrent désormais des risques qui étaient quasi inexistants il y a 10 ans :

Certaines garanties habitation peuvent d’ailleurs intervenir pour la borne de recharge à domicile, à condition qu’elle soit déclarée et installée dans les règles.

4. Téléassistance et suivi en temps réel

De nombreux modèles électriques sont connectés en permanence. En cas d’accident, le constructeur ou la plateforme d’autopartage peut :

Les assureurs s’appuient de plus en plus sur ces données pour accélérer la gestion de sinistre, voire proposer des réductions de prime à ceux qui acceptent le partage d’informations.

Trottinettes, vélos électriques et engins urbains : l’angle mort de l’assurance

C’est probablement là que le décalage entre usage réel et couverture d’assurance est aujourd’hui le plus grand.

1. Fausse croyance : « Ma trottinette est couverte par mon assurance habitation »

Dans de nombreux cas, c’est faux. Une assurance habitation couvre votre responsabilité civile en tant que piéton ou cycliste. Mais pour les engins motorisés, même petits, les règles sont différentes.

Les EDPM (trottinettes électriques, gyroroues) sont soumis à une obligation d’assurance responsabilité civile spécifique. En pratique, cela peut prendre plusieurs formes :

Ne pas être assuré, c’est prendre le risque de devoir payer de votre poche les dommages en cas d’accident avec un piéton ou un autre véhicule. Une fracture grave peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros de préjudice.

2. VAE : vélo ou cyclomoteur ?

Pour les vélos à assistance électrique, tout dépend du type de machine :

Dans la ville de demain, où l’on voit de plus en plus de vélos rapides, le flou autour de ces catégories va forcément se réduire, avec un contrôle renforcé et des obligations d’assurance plus claires.

3. Libre-service : ce qui est inclus… et ce qui ne l’est pas

Les services de trottinettes et vélos en libre-service incluent généralement une assurance responsabilité civile pour les dommages causés aux tiers. Mais :

Autrement dit, cliquer sur « J’accepte » dans l’application sans lire les conditions revient parfois à rouler à découvert, ou presque.

Autopartage, covoiturage, location entre particuliers : qui assure quoi ?

Dans la ville de demain, posséder une voiture devient presque un luxe. Mais dès qu’on sort du schéma propriétaire classique, la question de l’assurance se complique.

1. Autopartage en station ou en free-floating

Pour les voitures électriques en libre-service (type Zity, Yea!, Share Now, etc.), le système est en général le suivant :

De plus en plus d’acteurs proposent des options pour racheter tout ou partie de cette franchise, intégrées à l’application. C’est une forme d’assurance complémentaire, à activer ou non à chaque trajet.

2. Location entre particuliers

Sur les plateformes de location de voitures entre particuliers, l’assurance est généralement :

L’intérêt : protéger à la fois le propriétaire (qui ne voit pas son bonus-malus impacté en cas de sinistre) et le locataire. Mais là encore, les franchises et exclusions varient beaucoup d’un acteur à l’autre.

3. Covoiturage : un cas à part

En covoiturage « classique » (type BlaBlaCar), c’est l’assurance du conducteur propriétaire de la voiture qui joue. Les passagers sont considérés comme des tiers transportés :

Plusieurs plateformes incluent désormais des couvertures complémentaires (assistance, prise en charge de certains frais), négociées avec des assureurs. Là encore, lire les conditions n’est pas un luxe.

Vers une assurance « mobilité globale » : ce qui arrive

Face à ce puzzle, les assureurs commencent à tester un changement majeur : passer de l’assurance « auto » à l’assurance « mobilité ».

1. Un seul contrat pour tous vos déplacements

L’idée est simple : au lieu d’avoir :

… vous souscrivez un seul contrat de mobilité, qui vous couvre :

La prime pourrait être calculée sur votre profil global (fréquence de déplacement, types d’engins utilisés), plutôt que sur un seul véhicule identifié.

2. L’assurance à l’usage, minute par minute

Autre tendance lourde : l’assurance à la demande. Vous activez une garantie spécifique… au moment où vous commencez à utiliser un service :

Techniquement, c’est déjà possible : la géolocalisation, les compteurs kilométriques et les applis mobiles permettent de déclencher et arrêter une couverture en temps réel.

3. Les villes comme acteurs de l’assurance

À mesure qu’elles imposent des zones à faibles émissions, des pistes cyclables, des vitesses limitées, les villes deviennent aussi un maillon de la chaîne du risque. Certaines réfléchissent à :

Dans la ville de demain, votre sécurité financière en cas d’accident dépendra donc autant des choix de votre assureur que des politiques locales de mobilité.

Comment s’assurer dès maintenant dans cette transition

Sans attendre que tous ces nouveaux contrats arrivent sur le marché, quelques réflexes simples permettent déjà de mieux se protéger.

La ville de demain promet des déplacements plus propres, plus flexibles et, sur le papier, plus économiques. À condition de ne pas oublier un détail : en matière de mobilité, ce qui n’est pas assuré peut coûter très cher le jour où l’accident survient. Autant régler la question avant de brancher le chargeur ou de scanner le prochain QR code sur une trottinette.

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